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Obésité chez les jeunes



On remarque une augmentation importante de l’obésité chez les jeunes depuis quelques années. Ce phénomène grandissant inquiète non seulement les parents mais toute la population nord-américaine. Et la façon de s’y prendre avec nos jeunes qui présentent un surplus de poids demeure très délicate. Il est évident qu’il faut agir, mais comment ?

D’abord, il faut rejeter les méthodes de traitement de nature culpabilisante et punitive qui ont souvent pour effet d’accentuer le problème de l’obésité ou amener des troubles de conduites alimentaires (anorexie, boulimie) chez les adolescents et même chez l’enfant. Heureusement, il existe des approches aussi positives qu’efficaces.

On sait qu’il y a trois périodes critiques pour l’apparition de l’obésité : à l’âge périnatal, entre 5 et 7 ans et à l’adolescence. Les causes sont avant tout génétiques. Or, les facteurs environnementaux et le milieu familial y jouent un rôle très important mais les mauvaises habitudes alimentaires ne sont pas les seules responsables de cette épidémie. La sédentarité due aux technologies (jeux vidéos, télévision, ordinateur, etc.) amène nos jeunes à ne pas dépenser l’énergie qu’ils ingèrent dans leur alimentation. Les conséquences de l’obésité chez l’enfant n’ont pas d’impacts immédiats sur sa santé, sauf qu’à l’âge adulte, il risque fort probablement de demeurer obèse. On sait maintenant que l’obésité constitue un facteur de risque non négligeable pour les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension et les dyslipidémies (élévation du cholestérol sanguin ou des triglycérides).

Voici de précieux conseils qui pourront vous aider en tant que parents à mieux gérer le problème de l’obésité infantile. N’oubliez pas que l’on doit commencer tôt à inculquer de bons comportements et habitudes de vie à nos enfants ainsi que de saines habitudes alimentaires.

* Nourrir votre bébé sans le gaver.


* Servir des portions plus petites aux enfants et ne pas insister pour que votre enfant termine complètement son assiette. L’appétit varie d’un enfant à l’autre et souvent d’une journée à l’autre. La majorité des enfants savent la quantité d’aliments dont ils ont besoin.


* Opter pour une petite assiette bien remplie afin de donner au jeune une impression d’abondance.


* Le parent demeure toujours responsable de ce que reçoit l’enfant comme aliments (qualité de l’alimentation), mais c’est l’enfant qui doit être responsable de la quantité qu’il mange.


* Faire preuve, à l’égard de l’enfant ayant un surplus de poids, du même respect et de la même sensibilité démontrés aux autres enfants. Il ne doit surtout pas se sentir différent ou à part des autres. Avoir de la retenue et être subtils dans ses interventions et ne pas gronder ou reprocher des comportements alimentaires inadéquats.


* Il est d’une importance capitale de ne pas imposer une diète à l’enfant. On ne doit jamais perdre de vue que l’enfant est en pleine croissance et qu’une restriction alimentaire pourrait lui nuire grandement. Des restrictions alimentaires nuisent à l’apprentissage, à la concentration et à la réussite scolaire. Il est donc nécessaire de comprendre que perdre du poids n’a pas du tout la même signification chez un enfant ou un adolescent que chez un adulte. Par exemple, il suffit qu’un enfant grandisse de trois centimètres pour qu’il perde automatiquement deux ou trois kilos.


* Maintenir une relation positive avec l’alimentation; il ne devrait alors pas y avoir d’aliments interdits. Il s’agit plutôt de contrôler la fréquence et le moment de la prise des aliments considérés comme problématiques. Pour le reste, faire confiance à l’enfant dans sa quantité d’aliments consommés. S’il ne se sent pas privé, il règlera naturellement les quantités prises à des portions normales. La privation pousse l’enfant à en demander toujours plus et risque de développer une fixation sur la nourriture. Il faut rassurer l’enfant qu’il peut manger à sa faim et qu’aucun aliment ne lui est interdit.


* Maintenir un horaire et une structure de repas et collations. Personne n’arrivera jamais à perdre du poids en sautant des repas. Il est primordial d’être ferme sur ces heures de repas et collations. Informer l’enfant qu’en dehors de ces périodes, il ne peut rien consommer excepté de l’eau. L’enfant apprendra ainsi à reconnaître les fausses et les vraies faims.


* Enseigner une alimentation positive et méthodique. Apprendre à votre enfant à manger lentement pour que ses signaux de satiété (provenant du cerveau) se rendent à son estomac ce qui nécessite environ 15 à 20 minutes. Lui enseigner également à goûter et déguster ses aliments. Il ne doit pas engouffrer de grandes quantités d’aliments rapidement et sans s’en rendre compte.


* L’heure du repas doit être calme et détendue. Éviter les discussions houleuses ou les réprimandes. Il faut que l’enfant associe l’heure du repas à un moment de détente. Et surtout, fermer la télévision ou cesser toute autre activité distrayante.


*Contrôler l’environnement. Ne pas laisser de nourriture à portée de vue pour ne pas que l’enfant puisse se servir à tout moment sans réfléchir et se demander s’il a vraiment faim.


* Favoriser les repas en famille. Il est largement démontré que l’enfant mange moins et mieux lorsqu’il mange avec la famille. Éviter de le faire manger devant la télévision car il est bien connu que ce média de communication déclenche le réflexe de manger. Insister donc pour que tous les membres de la famille mangent toujours assis à la table.


* Modérer la consommation de sucres et de gras. Cela ne veut pas dire de les exclure, mais de les intégrer à l’occasion et en quantités modérées à travers une alimentation saine et équilibrée.


* Éviter d’offrir de la nourriture inutilement. Ne pas utiliser la nourriture comme une récompense ou un prix de consolation.


* Considérer l’enfant obèse comme normal dans votre prise des décisions alimentaires. Ne pas donner comme raisons à l’enfant qu’il ne peut pas manger tel aliment ou à tel moment en raison de son poids.


* S’assurer que toute la famille collabore aux règles établies (même le conjoint) pour être juste et équitable et pour inculquer de saines façons de s’alimenter car dans le fond, la plupart de ces conseils valent pour tous !


* Encourager l’exercice physique. Cela ne règlera peut-être pas le problème à lui seul mais il sera un outil précieux et indispensable dans la démarche. Il est important pour l’enfant qu’il y prenne plaisouliersir, sinon l’exercice sera perçu comme une forme d’obligation ou voire même de privation.

 

*Laisser l’enfant atteindre le poids qui lui est propre. Ne pas déterminer un poids à atteindre.


* Aider l’enfant à acquérir et à conserver une bonne estime de soi. Il est aussi important que l’enfant soit émotivement en santé que physiquement en santé. Demeurer conscient que certains enfants resteront obèses à l’âge adulte. N’oubliez pas que dans notre société actuelle obsédée par la minceur, cela peut représenter un défi de taille lorsqu’on est jeune et obèse.

*En résumé, votre rôle est d’être fermes dans vos décisions, bien organisés dans votre quotidien et modestes dans vos attentes vis-à-vis l’enfant. Tous les enfants méritent d’être aimés et respectés, peu importe leur poids et leur taille et c’est ce qu’on doit leur faire ressentir.
Pour terminer, nous ne pouvons passer sous silence qu’il est fort recommandé de consulter une diététiste - nutritionniste pour ne pas compromettre la croissance de votre enfant. Le plan alimentaire de votre jeune doit être judicieusement conçu en vue de lui permettre de se débarrasser de son poids superflu sans risque de nuire à sa croissance ou à ses besoins en énergie. Dernier petit truc à garder en mémoire : L’enfant apprend par l’exemple…


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Rédigé par :
Geneviève Lavoie Dt.P. Nutr.
Julie Tremblay Dt.P. Nutr.

Révision 2009 : Caroline Benoit Dt.P. Nutr.

Sources :

Cahier d’accompagnement du guide d’activité physique pour une vie saine et active de Santé Canada et la Société Canadienne de physiologie de l’exercice.

Alimentation et activité physique, Mélanie Olivier Dt.P.

Les suppléments pour sportifs : comment s’y retrouver?, Mélanie Olivier Dt.P. Le Clinicien, Vol 17, No 10, 2002, pp.37-43.

Doit-on traiter l’obésité chez les enfants?, Lise Cardinal-Primeau Dt.P., Diététique en Action, Vol 13, No 1, 1999, pp.16-19.

Petit Monde, Sylvie Laplante, Dt.P., 2000.

Porcupine Health Unit, Joëlle E. Zorzetto, Dt.P., 1999.




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